SAINT-DENIS (suite) & APPAREILLAGE



Mercredi 22 Mars 2017


En démarrant tôt le matin, il reste encore quelques heures pour parachever la visite de Saint-Denis, notamment les deux marchés de la ville : le petit marché consacré aux fruits et légumes exotiques en tous genres, et le grand marché qui est plutôt touristique avec beaucoup d’artisanat malgache : vanneries, objets en bois, plateaux sculptés, jeux de solitaire avec des billes en pierre polie. Les dionysiens ne semblent pas très matinaux et les rues sont peu animées. Je comprendrai plus tard que la plupart des échoppes en ville n’ouvrent guère avant 10h00.


Artisanat malgache au grand marché de saint-Denis
Le rendez-vous à bord du Marion Dufresne est fixé entre 13h00 et 14h00.  La circulation sur l’île a toujours eu la réputation d’être difficile. Aussi, peu avant midi, je quitte Saint-Denis en taxi en suivant la côte nord-ouest jusqu'à Le Port situé à une vingtaine de kilomètres. Le Port est le nom de la commune qui abrite… le port de la pointe des Galets.


Finalement, la circulation est fluide et vingt minutes plus tard j’aperçois le Marion Dufresne amarré à son poste. Rassuré !


Le Marion Dufresne au quai du port Est de la Réunion
 

Le Marion est à quai, identique aux photos que j’en avais vues, sa longue coque bleu nuit, ses hautes superstructures blanches et son curieux portique orange supportant feux de navigation, antennes et radars. C’est donc à bord de ce navire atypique que je vais naviguer durant un mois. Et c’est bien en avance que je gravis la coupée pour y déposer mes bagages.


Les passagers arrivent progressivement, des visiteurs comme moi, mais aussi du personnel des T.A.A.F. et de l’I.P.E.V., des prestataires extérieurs, ou des personnes en mission technique pour différents organismes. 


Les derniers instants avant l'appareillage
Le stock de médicaments à destination des districts
Les dernières caisses sont hissées, dont le stock de produits pharmaceutiques livrés par camionnette, que le médecin du bord dispatchera plus tard vers les différentes bases.


15h00, rendez-vous au bar du Forum pour un rafraîchissement et une rapide présentation de la rotation par Clémence, l'accompagnatrice des "touristes" que nous sommes, avant de s’installer dans la cabine 6025 pont F, avec Michel mon coloc de voyage.


Ensuite, tous les passagers, touristes ou non, sont conviés au traditionnel briefing donné par un lieutenant du bord sur la sécurité et les procédures d’évacuation du navire, avant de se plier à l’exercice d’abandon lui-même près des canots de sauvetage sur les coursives supérieures.


L’heure de l’appareillage approchant, tous les passagers se sont rassemblés sur la vaste plate-forme panoramique située à l’avant du pont supérieur pour ne rien perdre du spectacle et de la manœuvre.


La coupée est relevée, une à une les aussières sont larguées par les lamaneurs et à 17h00 le Marion Dufresne s’écarte lentement du quai, puis accélère progressivement pour gagner le court chenal en courbe menant vers la sortie du port. 


17h00 précises, le Marion Dufresne décolle du quai
 

Le pilote quitte le bord aussitôt franchies les jetées. Le bateau s’éloigne de quelques encablures de la côte et stoppe momentanément en attendant l’embarquement de l’hélicoptère qui permettra ultérieurement d'effectuer les transferts de passagers et de marchandises entre le bateau et les bases à terre. Pour des raisons de sécurité, l'appontage ne peut se faire qu'en mer. L’hélico arrive enfin et entame une large boucle autour du Marion avant d’effectuer une arrivée spectaculaire sur la plate-forme située à l’arrière du Marion.


L'appontage de l’Écureuil volant
 

Le Marion Dufresne remet alors définitivement en route. Le soleil décline, la température est agréable, tous les passagers regardent les côtes de la Réunion se diluer doucement dans le sillage. Le premier espoir de coucher de soleil tropical est vite absorbé par de lourds nuages.


Impossible d'ignorer la destination !
Et maintenant, route plein sud vers l’archipel des Crozet, à cinq jours d’ici.

SAINT-DENIS DE LA REUNION



Mardi 21 Mars 2017

Décollage d'Orly hier soir à 21h30. Après onze heures d'un vol tranquille, il est plus de midi en atterrissant à Saint-Denis. Eh oui, c'est qu'ici tout est différent ! Il y a trois heures de décalage avec la Métropole, c'est l'hémisphère sud, c'est le début de l'automne (même si ce terme ne signifie rien ici), le soleil brille au nord et il fait surtout très chaud dès la sortie de l'avion, 30°C… Bienvenue à la Réunion !


Saint-Denis de la Réunion se situe à 9.350 km de Paris et à 2.300 km au sud de l’Équateur par 20°52' S et 57°27' E. C'est le chef lieu du département et la capitale de la région.

Saint-Denis - La promenade du Barachois et le cap Bernard
Après avoir déposé les bagages dans une chambre en ville, c’est le départ vers la découverte de Saint-Denis qui fait l’effet d’une ville agréable à parcourir. Une longue histoire coloniale a favorisé un incroyable brassage ethnique, culturel ou religieux que l'on ressent en déambulant dans les rues animées. Ce mélange ou cette juxtaposition se retrouvent également dans la proximité des édifices religieux : la cathédrale, la mosquée, les temples tamouls ou chinois plus discrets.

La cathédrale Sainte-Marie
L'entrée de la mosquée Noor al-Islam
Le temple tamoul Shri Kali Kampal
Le temple chinois Lisi Tong

Les Champs-Elysées dionysiens, c'est à dire l’avenue de la Victoire et son prolongement la rue de Paris, sont la base de rues parallèles et d’autres se coupant à angle droit. Cet axe important rassemble tous les anciens bâtiments érigés durant la période coloniale de la Réunion, vastes et sévères constructions en pierre de lave noire, telles l’ancien hôpital militaire reconverti en siège du Conseil Départemental. Également, d’anciennes demeures sont devenues le siège de plusieurs administrations ou organismes publics, seuls capables maintenant d’entretenir ce patrimoine.

L'ancien hôpital militaire abrite le Conseil Départemental de la Réunion
Rue de Paris - Villa Déramond



A côté de ces immeubles, subsistent de nombreuses maisons typiques de l’architecture tropicale avec leurs galeries couvertes courant à l'étage des longues façades.



Depuis longtemps la Réunion était une terre de migrations et cela se voit dans l’animation des rues commerçantes de la ville, tant dans le style des boutiques que de celui des chalands qui les fréquentent. Ici, le brassage est historique et ne semble gêner personne : créoles, métros, indiens, malgaches, arabes ou africains de l’Est. L’habillement est varié et coloré.

Dépaysement garanti.
Saint-Denis - Le Barachois
Dîner sur le Barachois, longue promenade en bord de mer où se sont regroupés quelques camions-restaurants (que l’on appelle maintenant en Métropole : food trucks !), proposant des plats locaux, indiens ou malgaches à consommer sur des tables simplement recouvertes de toile cirée. Discussion improvisée avec un Métropolitain installé depuis quelques années et qui s’est manifestement vite adapté à l’ambiance tropicale… Au menu une copieuse darne de daurade coryphène, un régal !