SAINT-DENIS (suite) & APPAREILLAGE



Mercredi 22 Mars 2017



Transit en taxi en suivant la côte nord-ouest jusqu'à Le Port situé à une vingtaine de kilomètres de Saint-Denis. Le Port est le nom de la commune qui abrite… le port de la pointe des Galets où est amarré le Marion Dufresne.









Et maintenant, route plein sud ! Jusqu'à Crozet ! Dans cinq jours !

SAINT-DENIS DE LA REUNION



Mardi 21 Mars 2017



Décollage d'Orly hier soir à 21h30. Après onze heures d'un vol tranquille, il est plus de midi en atterrissant à Saint-Denis. Eh oui, c'est qu'ici tout est différent ! Il y a trois heures de décalage avec la Métropole, c'est l'hémisphère sud, c'est le début de l'automne, le soleil brille au nord et il fait surtout très chaud dès la sortie de l'avion, 30°C… Bienvenue à la Réunion !




Saint-Denis de la Réunion se situe à 9.350 km de Paris et à 2.300 km au sud de l'Equateur par 20°52' S et 57°27' E. C’est le chef-lieu du département et la capitale de la région.

Une longue histoire coloniale a favorisé un incroyable brassage ethnique, culturel ou religieux que l’on ressent en déambulant dans les rues animées soit en croisant les passants aux habillements variés ou en détaillant l’architecture des habitations ou des édifices publics.

 Temple tamoul

 Entrée de la mosquée


La cathédrale

L'ancien hôpital militaire


Anciennes maisons coloniales


Le Barachois






MAIS QUI EST DONC CETTE MARION DUFRESNE ?



Un homme !


Marc-Joseph Marion Dufresne est né en mai 1724. Issu d'une famille d'armateurs malouins, il commença à naviguer très jeune et mena ensuite une belle carrière d’officier de marine au service de la Compagnie des Indes. Peu connu, il était pourtant l'un des plus grands navigateurs français du XVIIIème s, contemporain des Kerguelen, Bougainville, Crozet, La Pérouse, mais également de James Cook.


En 1771, Marc-Joseph Marion Dufresne quitte l'île de France (l'île Maurice), avec l'idée de découvrir le continent austral (que l'on imaginait à l'époque être le contrepoids des terres de l'hémisphère nord), et il affrète deux navires pour accomplir ce voyage.


Après avoir touché le cap de Bonne Espérance, Marion Dufresne navigue vers l'est en suivant le 46ème parallèle sud et découvre le 24 janvier 1772 un archipel qu'il nomme Les Îles Froides (îles Crozet). L'expédition continue ensuite vers l'est et le 2 Février passe, sans le voir, au nord d'un archipel qui sera découvert dix jours plus tard par Yves de Kerguelen de Trémarec.


Marion Dufresne reconnaît ensuite la Tasmanie et puis fait route vers la Nouvelle-Zélande qu'il aborde à la fin mars 1772. Après avoir doublé le cap septentrional de l'Île du Nord, ses deux navires font escale dans une baie de l'Île de Moturua où les équipages sont accueillis favorablement par les Maoris. Ceux-ci sont même reçus à bord des vaisseaux français et, par la suite les deux communautés entretiendront des rapports cordiaux.


Mais le 12 juin 1772, Marion Dufresne, un autre officier et plusieurs hommes descendent à terre à bord d'un canot. L'enchainement des évènements reste mystérieux… Sur le témoignage d'un seul rescapé, on a su que tous les marins avaient été brutalement enlevés, massacrés, cuits et… mangés !


Les causes de ce carnage seraient probablement dues à Marion Dufresne lui-même, qui involontairement ou par ignorance, aurait violé un tabou sur une plage avoisinante et provoqué la colère des autochtones. Sept ans plus tard, l'explorateur James Cook allait subir un sort analogue dans une baie d'Hawaï.


(P.S. Il y aura peut-être une suite demain en arrivant à la Réunion)

LE MARION DUFRESNE II



Le Marion Dufresne II est armé par la compagnie CMA-CGM et navigue sous pavillon français. C'est un navire multifonctions  affrété conjointement par les T.A.A.F. et par l'I.P.E.V. (Institut Paul-Emile Victor de Brest). Il assure deux missions principales :
·      la logistique des îles subantarctiques françaises : Crozet, Kerguelen, Amsterdam sous la responsabilité des T.A.A.F. (120 jours par an : 4 x 30 jours)
·       la recherche océanographique : sur tous les océans non glacés, sous la responsabilité de l'I.P.E.V. (217 jours par an)

Dans ce cadre, le Marion Dufresne est à la fois :
·      un paquebot transportant le personnel des bases (environ 100 personnes) et une dizaine de visiteurs vers les Terres Australes
·      un cargo acheminant le fret par conteneurs ou le vrac nécessaire à l'approvisionnement des îles
·      un pétrolier transportant le gas-oil nécessaire à la vie des bases et au ravitaillement de quelques chalutiers de passage (1.000 m3)
·      un porte-hélicoptère pouvant recevoir un appareil de type Écureuil, pour le transfert des passagers et du fret léger
·      un navire scientifique équipé de 650 m² de laboratoires et qui possède un système de treuillage pour la mise à l'eau d'engins et de matériels lourds de recherche, (sondeur multifaisceaux, carottier géant unique au monde capable d'effectuer des carottages sédimentaires de plus de 60 m de longueur, etc…)

Le Marion Dufresne a été construit aux Ateliers et Chantiers du Havre et lancé en 1995. Lors de sa jouvence en 2015, le navire a fait l'objet d'une refonte complète, dont celle de tous les appareils de navigation et de prélèvement océanographique, ainsi que la remise à niveau des laboratoires et du système informatique. A la pointe de la recherche, c'est l'un des plus grands navires scientifiques de la flotte mondiale qui couvre tous les domaines de l'océanographie sur la plupart des mers du globe. 


Caractéristiques du Marion Dufresne II

Longueur hors tout                                 : 120,60 m
Largeur hors tout                                    : 20,60 m
Tirant d'eau                                              : 6,95 m
Déplacement maximal                           : 10 380 tonnes
Autonomie                                                 : 60 jours de mer
Fret                                                             : 2 500 t ou 5 600 m3
                                                                       (dont 50 conteneurs de 20 pieds)
Vitesse                                                        : 13,5 nœuds
Propulsion                                                 : 2 hélices
Moteurs de propulsion                           : diesel-électrique, 2 x 3 000 kW
Propulseur d'étrave                                : 1 x 740 kW
Production électrique                             : 3 groupes diesel-alternateur (total 8 250 kW)
Effectif navigant                                      : 48 dont 10 officiers
Passagers (scientifiques et touristes) : 110 passagers dont une dizaine de touristes