KERGUELEN - Journée très minérale vers la cabane Jacky (1/2)



Dimanche 02 Avril 2017 - 12ème Jour


Nouvelle escapade de deux jours vers la cabane Jacky pour découvrir d'autres paysages des Kerguelen.
08h15, notre groupe embarque dans l'hélicoptère qui nous transporte en moins de cinq minutes à une dizaine de kilomètres de Port-aux-Français (PAF). Le ciel est bien maussade en ce début de matinée, un peu de pluie tombe durant le vol. Malgré les rafales qui s'engouffrent dans la vallée et qui agitent l'hélico, Pascal notre pilote, atterrit et nous dépose sans encombre sur un large banc de cailloux en bordure du lit de la rivière du Château.


Kerguelen - Survol de la rivière du Château

Atterrissage directement dans le lit de la rivière du Château
Alors que l'hélico repart chercher l'autre groupe de randonneurs, nous avons l'impression étrange mais fugitive d'avoir été abandonnés, là, au cœur d'une large vallée totalement désertique. Où que le regard se porte, il n'y a rien d'autre qu'un paysage complètement érodé. Ici, le minéral règne en maître.


Notre groupe maintenant au complet, nous remontons la rivière jusqu'à une jolie cascade. Issue des hauts plateaux de l'île, la rivière du Château a taillé son cours dans des escaliers de basalte et tombe bruyamment en trois ou quatre hautes marches.


La cascade du Château


Cette jolie cascade n'était que la mise en bouche de la randonnée, le but final étant de rejoindre la cabane Jacky située de l'autre côté du versant.

Depuis le pied de la cascade, il faut d'abord gravir une forte pente constituée d'éboulis entrecoupés de terre très spongieuse couverte de mousse. Cela grimpe dur, les appuis sont incertains et chaque pas doit être assuré sous peine de perdre l'équilibre. Le pire étant ces zones de mousse où le pied peut s'enfoncer brutalement et profondément.

La pente s'adoucit à mesure que nous progressons, ce qui n'enlève rien à l'irrégularité du terrain. La traversée de plusieurs petits gués augmente également la difficulté. Heureusement, le ciel s'éclaircit et l'étendue du panorama s'agrandit à mesure que nous nous élevons. Vers l'aval, la vue porte même bien au-delà de PAF. Ce qui augmente également, c'est la force du vent et surtout la violence des rafales qui maintenant nous bousculent régulièrement. 


De la pierre à perte de vue



Coup d'œil vers l'arrière



En marche vers l'infini
Les derniers hectomètres avant la crête sont entrecoupés de nombreux massifs d'azorelle, une plante locale en forme de gros coussin moelleux qui pousse avec lenteur entre les rochers.

Au sommet du plateau, le vent donne toute sa violence. Ce vent de travers vient de loin, il n'y a aucun obstacle pour le freiner. Marcher dans ces conditions, même en s'aidant de bâtons, est vraiment physique.  Nous trouvons un abri précaire sous une barre rocheuse le temps du pique-nique. Tout en reprenant des forces, nous avons devant nous un immense panorama sur la presqu'île Ronarc'h qui ferme le golfe du Morbihan à l'ouest et plus en avant nous pouvons deviner le Marion Dufresne mouillé devant Port-aux-Français.


Descente vers la cabane Jacky et vue sur le golfe du Morbihan
La descente sur l'autre versant du plateau est semblable à la montée. Si la pente est plus douce, le terrain est autant encombré, alternant pierrailles et zones tourbeuses nécessitant une attention sans relâche. Le vent redouble d'intensité, ce vent fou nous pousse, nous freine ou nous bouscule, sans compter les fortes rafales qui parfois vont jusqu'à nous renverser...

La descente de ce plateau est en soi assez physique, mais avec ce vent le parcours est devenu éprouvant. Pourquoi se plaindre ? Nous aurions pu faire la même chose avec la pluie ou la neige en plus !



Arrivée à la cabane Jacky
Au bout de l’effort, nous atteignons la cabane Jacky située à proximité de la rivière du Val Studer. Après avoir posé les sacs à dos, puis récupéré nos forces et nous être réconfortés autour d'un café ou d'un thé bien chaud, nous repartons tranquillement suivre le cours de la rivière dans l'espoir d'attraper une jolie truite. Mais cette fois-ci la chance n'est pas au rendez-vous. Pas de truite au menu ce soir !

La rivière du Val Studer - Au fond, la cabane Jacky


Désert de pierres près de la cabane



Revenus à la cabane, Louise (ResNat) nous initie à un jeu de cartes local qui fait fureur ici, le KerJack. Les règles sont très subtiles et surtout évolutives selon le déroulement de la partie. J'avoue n'y avoir rien compris, mais ce fut surtout une partie de franche rigolade…

Une bonne nuit réparatrice et demain sera un autre jour…

2 commentaires:

  1. Bonjour Jean-Jacques. Sur tes photos, on n'a pas vraiment l'impression que ça souffle sur ces superbes paysages minéraux… on comprend pourquoi la flore ne pousse qu'au ras du sol ;)

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  2. hé hé, aller jusque là-bas pour jouer aux cartes! Ce n'était pas dans le programme officiel, une soirée jeux de société. Je suis étonnée que tu n'aies rien compris!!

    Le paysage est particulier, pas un manchot ou un éléphant de mer à l'horizon pour faire du bruit! ça a dû vous faire tout drôle en effet.

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