ATOLL DE TAKAPOTO - Archipel des Tuamotu

Dimanche 23 Novembre 2014

De Tahiti aux Marquises, c'est 800 milles (environ 1500 km), soit 2 jours ½ de mer. Cela peut paraitre bien long ! Et comme les Tuamotu sont sur la route directe, il y est prévu une courte escale destinée à rompre la monotonie d'une longue traversée pour qui n'y est pas habitué.

En fin de nuit, le bateau navigue à travers l'Archipel des Tuamotu, des îles bien alignées en rangs parallèles, basses sur l'eau, vestiges émergeants d'anciens volcans qui se sont lentement effondrés dans la mer depuis des millénaires. De chacun de ces volcans, il ne subsiste plus qu'un atoll, étroit anneau de corail entourant un lagon de faible profondeur.

Carte marine : Navigation à travers les Tuamotu

Si pour tous les voileux tourdumondistes ces îles font partie du rêve polynésien, la navigation y est malgré tout dangereuse à cause de leur faible hauteur, des récifs qui les débordent largement et par la quasi absence de signalisation nocturne.
 

Ce matin, de gros nuages gris se sont amassés sur l'horizon bien avant l'apparition du soleil. Malgré l'heure matinale (05h00), la température est agréablement douce. En T-shirt, à l'aube sur le pont d'un bateau, cela ne m'est pas arrivé souvent et je savoure pleinement ces moments de calme passés sur le pont à observer l'infini.
 

Vers 08h30, une fine ligne sombre apparait dans le cap juste au-dessus de l'horizon et aux jumelles on distingue les plus hauts sommets de Takapoto. Et aux Tuamotu, les plus hautes cimes, ce sont les cocotiers, c'est dire si cela manque de relief !
 
Arrivée à Takapoto
Takapoto est un atoll tout en longueur, sans passe navigable. Ici, pas de quai, pas de baie abritée, rien ! L'Aranui est donc stoppé en mer, sous le vent de l'île à quelques encablures du platier de corail où les vagues déferlent.

Et pour un premier débarquement, ça commence très fort pour qui n'a pas le pied marin. C'est en empruntant l'échelle de coupée (escalier à inclinaison réglable installé le long de la coque), qu'il faut gagner le chaland transportant les passagers à terre. Pour les moins hardis, le transbordement entre la coupée et la barge ne se fait pas sans appréhension car cela bouge beaucoup. Finalement, tout se déroule parfaitement grâce à l'aide efficace et sécurisante des marins.


Sur l'Aranui, tout parait à première vue folklorique et exotique, mais en réalité rien n'est laissé au hasard, toutes les opérations sont très sécurisées et se déroulent toujours dans la bonne humeur.
 
Un "port" minuscule a été délimité sur la plage au moyen d'une haute digue en L qui assure une protection symbolique contre la houle. Cela laisse un espace tout juste suffisant pour que le chaland puisse évoluer et aborder le quai pour débarquer les passagers. Rustique !
 
Il nous faut traverser la partie la plus large de l'atoll où se situe Fakatopatere, le village principal de l'île (400 hab.) : une petite bourgade fort paisible faite de maisonnettes posées au milieu d'hibiscus, de tiaré et bien sûr, de cocotiers.
 
Au bout d'un chemin, nous rejoignons le lagon. Et là, c'est le choc ! Encore mieux que les cartes postales ! A partir de l'étroite plage de corail, l'eau du lagon oscille d'abord entre le vert et le bleu turquoise avant de virer progressivement au bleu profond vers le centre de l'atoll.

Couleurs lagon : Bleu, vert, turquoise ?

Bien qu'il y ait un peu de clapot à cause du vent, il est impossible de se priver d'un bon bain. Et fin novembre, se baigner dans une eau presque tiède prend une saveur particulière. Un moment de plaisir que l'on souhaiterait prolonger indéfiniment…

Pique-nique sur la plage, à l'abri d'un barnum. L'équipe de cuisine a bien fait les choses, avec des entrées de spécialités tahitiennes, puis des grillades de bœuf, mouton, porc ou poisson du lagon. Le barman était également présent…

Ensuite, selon les envies du moment, nouvelle baignade, ou balade le long de la plage, ou sieste à l'ombre des cocotiers… mais la hauteur des arbres et la taille respectable des noix ont vite dissuadé les amateurs !


 

Paysages des Tuamotou

En milieu d'après-midi, sous un soleil écrasant, il faut rejoindre le petit "port" et attendre l'arrivée du premier chaland avant de regagner le bord.

16h00, appareillage. L'Aranui longe à peu de distance la rive basse et rectiligne de Takapoto. Sur tribord, nous contemplons un paysage régulier fait d'une longue bande de hauts cocotiers et une plage étroite de sable clair sur laquelle la mer se brise en une vague blanche infinie. Sur des kilomètres de longueur, c'est uniforme à souhait mais c'est pour voir cela que nous sommes venus ici. Sous le soleil qui décline, c'est beau !

Pour que la journée soit complète, il ne reste plus qu'à attendre que le soleil descende sur l'horizon. La température fraîchit à peine. Maintenant bien au large, l'Aranui met le cap vers les îles Marquises…

L'Aranui au large de Takapoto


L'EQUIPAGE
 
En dehors de son intérêt touristique incontestable, la réussite d'une croisière sur l'Aranui est en grande partie due à la compétence des membres d'équipage et leur totale disponibilité vis-à-vis des passagers.
 
Sur cette rotation, hormis le second capitaine, un lieutenant et le chef-mécanicien, tout l'équipage (commandant compris) est polynésien. C'est assez paradoxal, mais le fait que l'Aranui soit un bateau de travail et non un navire de loisirs fait que les relations entre équipage et passagers sont plutôt chaleureuses.
 
Il n'y a pas la barrière de l'uniforme. Du commandant au soutier, tout le monde porte la même tenue : T-shirt, short et tongs… qui est également le code vestimentaire adopté par tous les passagers. Pas de retranchement derrière l'uniforme, ni de timidité vis-à-vis de la tenue, cela facilite grandement les relations à bord.
 
Si pour le dîner les serveurs du restaurant portent souvent une belle chemise à fleurs, ils sont beaucoup plus relax pour le déjeuner. Tout simplement inimaginable sur un bateau de croisière conventionnel.
 
Bien sûr, il y a quelques membres d'équipage que l'on côtoie plus que d'autres, notamment ceux qui assurent la sécurité des passagers : des athlètes, au coup d'œil et aux réflexes redoutables, qui savent vous faire passer juste au bon moment lors des embarquements houleux entre la coupée et les chalands.
 
Bien que marins, les Marquisiens du bord ne manquent jamais de rappeler qu'ils sont très attachés à leur terre. Souvent nous entendrons cette phrase : "Aujourd'hui, tu vas débarquer sur mon île. C'est la plus belle !". Et à chaque fois, nous sommes bien obligés de confirmer…

 

1 commentaire:

  1. à te lire, je crois bien que j'aurais aussi bien apprécié l'ambiance à bord... sûrement mieux que la chaleur tropicale ;)

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